Une enfance au Moustier
Née le 1er septembre 1921 à Thorame-Basse, dans le hameau du Moustier, Simone Marie AILLAUD voit le jour au cœur d’une famille nombreuse, riche de huit enfants. Fille de Rosin Aillaud et d’Irma Boyer, elle grandit dans ce paysage alpin qui marquera durablement son attachement aux siens et à sa terre.
Une élève remarquable
Très tôt, à l’école du Moustier, son intelligence vive et son goût d’apprendre la distinguent. Ses parents, conscients de ses capacités, lui offrent la possibilité de poursuivre ses études.
Le choix d’enseigner
Elle poursuit ses études avec détermination et réussit le concours d’entrée à l’École Normale de Digne-les-Bains après la classe de troisième.
Une institutrice engagée
Devenue institutrice, elle fait ses premiers pas au gré de remplacements dans le département, avant d’être nommée à Annot. C’est là qu’elle inscrit son empreinte, au fil des années, dans la mémoire de ses élèves. Exigeante et juste, profondément investie dans sa mission, elle incarne cette école de la rigueur et de la transmission, où l’on formait autant les esprits que les caractères. Son engagement sera reconnu par l’attribution des Palmes académiques.
Beaucoup se souviennent encore de cette phrase qu’elle répétait sans jamais se lasser :
« De quoi il s’agit, de quoi on parle ? »
Une manière simple et directe de ramener chacun à l’essentiel, à la compréhension, au sens.
Au service de toute une vallée
Très attachée à son territoire, elle est également sollicitée par les familles et se rend dans les villages avoisinants notamment à Thorame-Haute ou jusqu'à Villars-Colmars, pour donner des cours. Elle parcourt ainsi la vallée en mobylette, son unique moyen de transport. Par tous les temps, pluie, froid ou neige, elle est là. Beaucoup se souviennent encore de ces jours d’hiver où l’on pensait qu’elle ne viendrait pas, tant les conditions étaient difficiles… et où pourtant elle arrivait.
Une vie de fidélité
Simone AILLAUD n’a jamais quitté le Moustier. Elle a vécu toute sa vie dans la maison familiale, fidèle à ses racines et à ce territoire auquel elle appartenait pleinement. Elle était également membre d’honneur de l’association de sauvegarde du patrimoine et de la culture de Thorame-Basse.
Institutrice d’un autre temps, elle appartient à cette génération pour qui enseigner était une évidence, une responsabilité profondément ancrée.
Mémoire et hommage
Elle s’est éteinte le 13 juillet 2021, à l’âge de 99 ans, et repose aujourd’hui à Thorame-Basse, son village natal.
En hommage à son engagement dans la vallée du Haut-Verdon et à la place qu’elle a occupée dans la vie de la commune, la commune de Thorame-Basse lui a dédié une rue du Moustier : la « rue de l’institutrice ».
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L’École Normale à Digne-les-Bains
Les Écoles normales d’instituteurs, développées au XIXᵉ siècle notamment sous l’impulsion de Jules Ferry, formaient les maîtres de l’école publique.
Accessibles sur concours, elles accueillaient de jeunes élèves souvent issus de milieux modestes et leur offraient une formation exigeante, à la fois intellectuelle, pédagogique et morale.
Implantées dans chaque département, comme à Digne-les-Bains, elles ont joué un rôle essentiel dans la diffusion de l’instruction, notamment dans les territoires ruraux. Elles disparaissent progressivement à la fin du XXᵉ siècle, remplacées par une formation universitaire des enseignants.
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les Palmes académiques
Les Palmes académiques, créées par Napoléon Bonaparte en 1808, constituent une distinction honorifique décernée aux membres de l’enseignement et à ceux qui rendent des services éminents à l’éducation.
Toujours attribuées aujourd’hui, elles témoignent de la reconnaissance de la Nation envers l’engagement et la qualité du travail accompli.