Thorame à l’époque romaine
Avec Rome, le territoire change d’échelle.
Dans la continuité de l’intégration de la région au monde romain, le territoire entre peu à peu dans une organisation plus vaste, structurée à l’échelle de l’Empire. À son apogée, sous des empereurs comme Auguste, Trajan ou plus tard Constantin, Rome domine un espace immense autour de la Méditerranée.
Le nom d’Eturamina, mentionné dans des documents antiques, désigne probablement une agglomération du Haut Verdon, dont le site actuel de Thorame-Haute pourrait être l’héritier. .
À partir de ce moment, le territoire s’inscrit dans une dynamique plus large. Les vallées ouvrent des passages, relient les hommes entre eux et permettent les échanges. Le Verdon accompagne ces chemins depuis toujours, guidant les hommes à travers la montagne.
Dans ces régions alpines, la vie quotidienne reste étroitement liée à la nature. Les habitants vivent de l’agriculture et de l’élevage. Ils cultivent des céréales comme le blé, l’orge ou l’épeautre, élèvent des moutons, des chèvres ou des bovins, et utilisent les ressources locales pour leur subsistance.
Les habitations sont construites avec les matériaux disponibles sur place : la pierre pour les murs, et le bois, notamment le mélèze, pour les structures. Ces maisons sont solides et adaptées aux contraintes du climat de montagne.
Les communautés restent de taille modeste, composées de quelques familles vivant et travaillant ensemble, selon les nécessités du lieu et du climat.
À l’échelle de l’Empire, cette période est celle d’un grand développement. Les villes se structurent, les routes relient les régions, les savoirs circulent et une culture commune se diffuse peu à peu.
La langue évolue également. Le latin, apporté par les Romains, se diffuse progressivement et se mêle aux langues plus anciennes. Il donnera naissance, plus tard, aux parlers locaux.
Avec les siècles, un autre changement s’annonce : celui des croyances. Le monde romain, longtemps tourné vers ses dieux, voit apparaître progressivement le christianisme, qui transformera durablement les sociétés et les paysages.
Thorame n’est pas une grande cité, mais un lieu de vie, traversé, habité, profondément ancré dans son territoire. Ses habitants participent, à leur manière, à cette histoire plus vaste.
Dans le prochain épisode : la fin de l’Empire romain et les transformations du territoire.
Ces chemins que d’autres ont empruntés avant nous, que racontent-ils encore aujourd’hui ?