Dans les paysages préservés qui entourent la commune de Thorame-Haute, vit un mammifère fascinant mais rarement observé directement : le petit rhinolophe petit rhinolophe (Rhinolophus hipposideros), l’une des plus petites chauves-souris d’Europe. Discret, nocturne et très sensible à son environnement, il constitue un excellent indicateur de la qualité écologique des milieux montagnards.
Le petit rhinolophe appartient à la famille des Rhinolophidés.
Il se distingue par son appendice nasal en forme de fer à cheval, qui lui sert à émettre des ultrasons pour se repérer et chasser grâce à l’écholocation.
Son corps mesure à peine 4 à 5 cm, pour une envergure d’environ 20 à 25 cm. Cette petite taille lui permet de se faufiler aisément dans les milieux boisés et les reliefs alpins. Autour de Thorame-Haute, il trouve des conditions favorables grâce à la mosaïque de forêts, prairies et zones rocheuses.
Espèce strictement nocturne, le petit rhinolophe sort à la tombée de la nuit pour chasser principalement de petits insectes volants (moustiques, mouches nocturnes, papillons de nuit). Son vol est lent, précis et très agile, souvent à faible hauteur, le long des haies, lisières forestières et clairières.
La journée, il se repose dans des gîtes sombres et calmes : grottes, anciennes mines, combles de bâtiments ou cavités naturelles. Ces lieux sont essentiels à sa survie, notamment pour l’hibernation hivernale.
Dans les zones alpines, le petit rhinolophe adapte son cycle biologique aux conditions climatiques. Dès l’automne, il entre en hibernation dans des sites protégés où la température reste stable et l’humidité élevée.
Au printemps, il retrouve ses territoires de chasse et les colonies de reproduction, souvent constituées de femelles regroupées pour élever les jeunes. Cette organisation sociale est essentielle à la survie de l’espèce.
Bien qu’il soit très difficile à observer directement, le petit rhinolophe est bien présent dans les milieux naturels autour de Thorame-Haute. Les paysages du Parc naturel régional du Verdon offrent des habitats favorables grâce à la diversité des milieux et à la présence de zones peu perturbées. Les observateurs attentifs peuvent parfois le détecter au crépuscule, en été, lorsqu’il sort de ses gîtes pour chasser au-dessus des prairies ou le long des lisières forestières.
Le petit rhinolophe est aujourd’hui une espèce protégée, sensible aux perturbations humaines : éclairage artificiel, dérangement des gîtes ou disparition des insectes peuvent impacter fortement ses populations.
Sa présence témoigne donc d’un environnement naturel de bonne qualité, préservé et riche en biodiversité.
Observer ou simplement savoir que le petit rhinolophe vit dans les environs de Thorame-Haute ajoute une dimension nouvelle à la découverte du territoire. C’est un habitant invisible du paysage, actif uniquement la nuit, qui rappelle la richesse souvent insoupçonnée de la vie sauvage alpine.