Ce samedi 25 juillet, dans la matinée, autorités civiles et militaires, représentants d’associations patriotiques et habitants de la vallée se sont rassemblés au mémorial du pont d'Ondres, sur la commune de Thorame-Haute, pour perpétuer le souvenir.
Une cérémonie empreinte d’une profonde émotion, dédiée à la mémoire des quatre gendarmes de la brigade de Colmars-les-Alpes fusillés le 22 juillet 1944 par les soldats allemands à la carrière du pont d'Ondres.
Fidèles à l'histoire et attachés à la transmission des valeurs républicaines, nombreux sont ceux qui ont tenu à faire le déplacement en ce samedi.
Face au monument érigé en l'honneur des tragiques événements de l'été 1944, l'atmosphère était au recueillement pour se souvenir de ces hommes qui payèrent de leur vie leur engagement pour la patrie.
La cérémonie s’est déroulée en présence des autorités locales, des élus de la vallée et des représentants de la gendarmerie nationale, venus saluer la mémoire de ces figures sacrifiées pour que la France retrouve la liberté.
La présence remarquée de nombreux porte-drapeaux a rappelé combien le flambeau de la mémoire reste vivace dans les consciences, génération après génération.
Après les allocutions des personnalités officielles, soulignant l'importance cruciale du devoir de mémoire en ces temps troublés, l'instant solennel des dépôts de gerbes est venu marquer le respect de la nation et des collectivités locales envers les disparus.
Le recueillement s'est prolongé en musique avec l'interprétation poignante de chants de circonstance, rappelant la ferveur et la résistance des maquisards. Les traditionnels accords et voix de la chorale locale ont résonné au bord du Verdon, unissant l'assistance dans un même élan de fraternité et de reconnaissance.
Cette matinée mémorielle s'est achevée autour du traditionnel verre de l'amitié, offrant un espace d'échanges et de partage bienveillant entre les participants, unis par le ciment de l'histoire et le respect de ceux qui ont tout sacrifié pour la patrie.
Le discours de Monsieur Thierry Otto-Bruc maire de Thorame-Haute
Mesdames, Messieurs,
Nous sommes réunis aujourd'hui pour nous souvenir. Pas d'une histoire lointaine, mais de ce qui s'est passé sur cette terre que nous connaissons si bien.
À l'été 1944, la guerre atteint notre vallée.
À Colmars-les-Alpes, le maréchal des logis-chef Marcel Béal aurait pu rejoindre le maquis. Il choisit de rester afin d'éviter que la population ne subisse de représailles. À ses côtés, trois gendarmes poursuivent eux aussi leur mission. Le lendemain, ils sont emmenés.
Le 22 juillet 1944, quatre vies se sont arrêtées.
Quatre gendarmes :
Maréchal des logis-chef Marcel Béal, Gendarme Sébastien Bracco, Gendarme Alexandre Aimard, Gendarme Adrien Daumas, assassinés par les Allemands le 22 juillet 1944.
Mais... combien de souvenirs tiennent dans une seconde ?
Et dans ces instants, à qui... ou à quoi pouvaient-ils penser ?
Nul ne le saura jamais.
Aujourd'hui, nous sommes réunis pour eux. Pour dire que leur souvenir demeure. Et que nous ne les avons jamais oubliés.
Malgré la présence des troupes allemandes, des habitants de Thorame-Haute sont venus relever les corps de ces quatre gendarmes pour leur offrir une sépulture digne. Ce geste de courage et d'humanité fait désormais partie de notre mémoire.
Aujourd'hui, leurs noms ne sont pas seulement gravés sur une stèle.
Ils vivent dans notre mémoire. Se souvenir, ce n'est pas seulement regarder derrière nous. C'est comprendre que la paix est fragile.
Que la liberté n'est jamais définitivement acquise. Et que chaque génération reçoit cette mémoire avec le devoir de la transmettre.
Aujourd'hui, permettez-moi de prononcer leurs prénoms.
Marcel – Sébastien – Alexandre - Adrien.
Qu'ils ne soient jamais seulement des noms gravés dans la pierre,
mais des hommes - Des fils - Peut-être des époux - Peut-être des pères.
Des hommes dont notre commune garde fidèlement le souvenir.
Parce qu'une mémoire ne s'entretient pas seulement par les monuments. Elle s'entretient aussi par les femmes et les hommes qui, année après année, continuent de transmettre cette mémoire.
Je vous remercie.